Thème de la Présidente

Thème de la Présidente

« Construire un monde meilleur pour les femmes »

La présence d'eau différentie la Terre des autres planètes. L'eau est en même temps notre meilleure amie et notre pire ennemie. Elle est source de vie. Il y a des milliards d'années, c'est de l'eau qu'a surgi la vie, et nous passons toujours les neuf premiers mois de notre existence dans le liquide amniotique.
La plus grande partie de notre planète est recouverte d'eau, mais seul 0,6 % est propre à la consommation pour l'homme, ce qui en fait une ressource à la fois précieuse et non renouvelable. La crise mondiale de l'eau est établie et grave. Ce n'est pas seulement le problème de régions traditionnellement considérées comme pauvres en ressources hydrauliques, c'est un problème global, aussi bien sur le plan quantitatif que dans une perspective qualitative. L'économie mondiale a tant exploité, gaspillé et pollué nos réserves qu'en 2007, pour la première fois, les prélèvements sur les ressources en eau ont dépassé la capacité de cette ressource à se renouveler.
Sans eau, pas de nourriture. L'une des conséquences du réchauffement climatique global est la désertification progressive de certaines régions d'Afrique et donc une diminution des récoltes et la progression de la famine.

Nous, les humains, sommes tout autant coupables face au désastre imminent que représente l'eau que le changement climatique. A la base, nous avons besoin de 2 litres d'eau potable par jour pour vivre, mais dans le monde occidental, nous en utilisons environ 2000 chaque jour pour la production de notre alimentation. Il faut 1000 litres d'eau pour produire 1 kg de blé et 13 000 litres pour 1 kg de viande.

Le faible pourcentage d'eau potable disponible pour l'usage humain est en outre réparti de manière fort inégale. Un Américain utilise quotidiennement 400 litres d'eau et un Européen 200 litres, tandis qu'un Africain ne dispose que de 30 litres ou souvent moins, et que 5 litres constituent le minimum absolu pour survivre. Pour citer Kofi Annan : « Outre de l'eau potable, ce dont nous avons besoin, ce sont des idées neuves (What is needed, along with fresh water, is fresh thinking). Nous devons apprendre à apprécier l'eau à sa juste valeur. »

L'eau est source de vie et d'alimentation, mais également de mort : 8 millions de personnes meurent chaque année de maladies d'origine hydrique, soit 15 morts chaque minute, pour la plupart de jeunes enfants. En Afrique sub-saharienne, la mortalité infantile des moins de 5 ans est de 157 pour 1000, comparée à 4,6 pour 1000 en Europe occidentale. La seule solution pour faire reculer ces chiffres est que l'accès à une eau propre et à des systèmes d'assainissement de base devienne un droit inaliénable pour tous, mais aussi de rendre la défense des ressources en eau obligatoire pour tous.

L'OMS estime que 80 % de toutes les maladies du monde peuvent être attribuées à une eau insalubre, à des systèmes d'assainissement insuffisants et à une hygiène défectueuse. En 2002, la diarrhée a entraîné 1,8 million de décès. Dans les pays en voie de développement, la maladie est à l'origine de 21 % des décès d'enfants de moins de cinq ans.

Dans les pays fortement développés et industrialisés, les dangers pour la santé viennent de la pollution de l'eau par les déchets industriels. Nous nous souvenons toutes du désastre écologique subi lorsqu'une grande usine chimique a déversé ses déchets dans le Rhin dans les années 80. Mais même sans ce type d'incidents, notre eau est polluée par toutes sortes de produits chimiques comme des phosphates, des nitrates et des PCB. Le PCB, ou polychlorobiphényle, est extrêmement toxique, très lentement biodégradable et a la propriété de s'accumuler dans les tissus adipeux. On en trouve même des traces significatives dans le lait maternel. En fait, le corps humain est à un tel point pollué qu'il serait malavisé pour un cannibale de nous manger !

Nous avons exposé les problèmes, passons maintenant aux solutions.
Que pouvons-nous faire en tant que Soroptimistes ?
Nous pouvons mettre en œuvre des projets visant à traiter chacun de ces problèmes, comme par exemple :
• l'accès à l'eau
• l'épuration de l'eau
• une répartition et une gestion justes de l'eau
• des systèmes sanitaires basés sur une approche homme/femme
• l'hygiène et la santé
• la pollution industrielle
• le traitement des eaux usées
• l'éducation/la sensibilisation du public en matière d'eau et d'environnement
• le renforcement des capacités des femmes en matière d'initiatives concernant l'eau et l'assainissement
• une agriculture durable
• la sensibilisation de l'opinion publique en matière de changement climatique.

La liste n'est pas exhaustive, et chaque point peut être adressé dans le cadre de projets sur la base de nos principes fondamentaux « Comprendre - Défendre - Entreprendre », et en rapport avec nos 10 objectifs de Programme Focus.

Ces deux dernières années, un nombre extraordinaire de projets ont vu le jour et j'ai de grands espoirs pour les deux années à venir. J'encourage par conséquent tous les Clubs à se concentrer sur l'importance vitale d'

une eau saine et sans danger pour une vie saine et sans danger

Dr. Eliane Lagasse