La Convention d’Istanbul fournit un cadre complet pour lutter contre les violences faites aux femmes. Ses quatre piliers — la prévention, la protection, les poursuites et les politiques coordonnées — définissent les responsabilités des gouvernements tout en reconnaissant le rôle essentiel de la société civile dans la réalisation de ses objectifs. Les femmes doivent pouvoir bénéficier d’une protection et accéder à la justice. Les auteurs de violences doivent être tenus responsables de leurs actes. Les institutions doivent coopérer efficacement.
Mais comment prévenir les violences avant même qu’elles ne surviennent ?
La Convention nous indique clairement la voie à suivre. Ses dispositions relatives à la prévention s’attaquent aux mentalités, aux préjugés et aux rapports de pouvoir inégaux. Elles préconisent la sensibilisation, l’éducation, la formation des professionnels, l’implication des hommes et des garçons, ainsi que des programmes visant à prévenir la récidive des auteurs de violences.
Au cœur de la prévention se trouve un enjeu fondamental : les stéréotypes de genre.
Ces stéréotypes façonnent les attentes concernant les rôles, les comportements et l’autorité des femmes et des hommes. Ils renforcent les inégalités et peuvent banaliser le contrôle et la discrimination. Remettre en question ces attitudes profondément ancrées est donc essentiel si nous voulons prévenir les violences avant qu’elles ne commencent.
Notre campagne « READ THE SIGNS » aborde la prévention sous deux angles. Le « Violence Meter » aide les femmes et leur entourage à reconnaître les premiers signes d’alerte de la violence, notamment l’isolement, l’intimidation et les comportements de contrôle.
Parallèlement, nous accordons une attention particulière à la mise en œuvre des dispositions préventives de la Convention d’Istanbul. Les gouvernements prennent-ils des mesures efficaces pour combattre les stéréotypes de genre et promouvoir l’égalité ? Que se passe-t-il dans les écoles et dans le cadre de la formation professionnelle ? Et dans quels domaines faut-il aller plus loin ?
Le groupe des Coordinatrices de la Convention d’Istanbul (CCI) joue un rôle important. Dans le cadre de l’initiative de longue date de SIE consacrée à la Convention d’Istanbul, ses membres ont développé une expertise sur la Convention et sur les rapports de suivi du GREVIO. Elles accompagnent leurs Unions et leurs clubs en leur fournissant des informations adaptées à chaque pays et contribuent à transformer les dispositions de la Convention en possibilités concrètes de plaidoyer.
J’encourage nos clubs à tirer parti de cette expertise et nos Unions à soutenir leurs CCI.
Nos projets peuvent contribuer de manière significative à la réalisation des objectifs de la Convention d’Istanbul, notamment en remettant en question les stéréotypes de genre, en promouvant l’égalité et en renforçant la prévention au sein de nos communautés. Cette démarche s’inscrit pleinement dans la stratégie 2026–2031 de SIE, qui appelle à des changements structurels durables dans la société afin d’améliorer les conditions de vie et les perspectives des femmes et des filles.
Les 16 jours d’activisme sont l’occasion de mobiliser les écoles, les communautés et les décideurs. Les relations nouées et les initiatives lancées pendant cette campagne peuvent constituer une excellente base pour poursuivre notre engagement tout au long de l’année.
Grâce à notre réseau à l’échelle de toute la Fédération, à l’expertise de nos ambassadrices de la Convention d’Istanbul et à l’engagement de nos clubs et de nos Unions, nous sommes bien placés pour faire la différence dans la prévention des violences faites aux femmes et aux filles.
Je vous souhaite à toutes une campagne « READ THE SIGNS » couronnée de succès et riche en actions concrètes !
Sabine Reimann, Présidente du SIE 2026-2027

