Chaque femme et chaque fille a le droit de vivre à l’abri de toute violence. Pourtant, les violences faites aux femmes demeurent une grave violation des droits humains en Europe. Elles trouvent souvent leur origine dans les inégalités entre les femmes et les hommes, les stéréotypes de genre préjudiciables et les rapports de pouvoir inégaux.
La prévention doit commencer avant que la violence ne survienne. C’est le message central de notre campagne READ THE SIGNS : les Soroptimist se consacrent à la prévention.
La Convention d’Istanbul fournit un cadre global pour prévenir et combattre les violences faites aux femmes. Son volet consacré à la prévention met l’accent sur la sensibilisation, l’éducation et la formation des professionnels. Point essentiel, la Convention reconnaît explicitement le rôle de la société civile et encourage la coopération avec les organisations non gouvernementales.
Pour Soroptimist, contribuer à la prévention n’est donc pas simplement une possibilité. C’est une responsabilité.
Des engagements à l’action locale
- 1. Sensibiliser : reconnaître et déconstruire les stéréotypes
Les stéréotypes de genre préjudiciables renforcent les inégalités, peuvent banaliser les comportements de contrôle et rendre plus difficile l’identification des premiers signes de violence. Ils se dissimulent souvent dans le langage courant et les perceptions collectives.
Prenons quelques expressions bien connues :
- « Elle aurait dû le quitter plus tôt » fait peser la responsabilité sur la victime.
- « Il était jaloux parce qu’il l’aimait » présente un comportement de contrôle comme une preuve d’amour.
- Qualifier les violences domestiques de « dispute familiale » en minimise la gravité.
Comment les clubs Soroptimist peuvent-ils contribuer à faire évoluer ces perceptions ?
Dialoguer avec les médias locaux. Invitez des journalistes et des rédacteurs en chef à échanger sur la manière dont les violences faites aux femmes sont présentées dans les médias. Examinez les titres et les articles : le langage employé tend-il involontairement à culpabiliser les victimes ou à excuser les auteurs de violences ? Comment les journalistes perçoivent-ils eux-mêmes les stéréotypes ? Ces échanges pourraient-ils déboucher sur des recommandations en faveur d’un traitement médiatique plus responsable ?
Ouvrir le dialogue au sein de la communauté. Organisez des discussions avec des jeunes, des associations locales ou des employeurs. Identifiez les stéréotypes les plus répandus, examinez leurs conséquences et recherchez ensemble des moyens de les déconstruire.
Faire du lobbying pour obtenir des changements. Interrogez les autorités locales sur les mesures qu’elles prennent pour lutter contre les stéréotypes de genre préjudiciables et promouvoir la prévention. Repérez les lacunes, proposez des améliorations concrètes et assurez le suivi des engagements pris.
Imaginons des clubs à travers toute l’Europe qui analysent les stéréotypes présents dans leurs communautés, organisent des échanges similaires et partagent leurs constats. Les Unions pourraient identifier les tendances récurrentes et élaborer des recommandations communes à l’intention des décideurs nationaux.
Cette démarche pourrait devenir une initiative Soroptimist durable à l’échelle européenne, qui se poursuivrait bien au-delà des 16 jours d’activisme.
- 2. Éducation : déconstruire les stéréotypes dès le plus jeune âge
La Convention d’Istanbul préconise une éducation qui promeut l’égalité, des rôles de genre exempts de stéréotypes, le respect mutuel et la résolution non violente des conflits.
Les clubs peuvent interroger les établissements scolaires et les autorités éducatives sur la mise en œuvre de ces principes, sur les moyens mis à la disposition des enseignants et sur les améliorations nécessaires.
- 3. Formation des professionnels : savoir reconnaître les violences et y répondre
Les professionnels de santé, les enseignants, les policiers et les travailleurs des services sociaux doivent disposer des connaissances et des compétences nécessaires pour reconnaître les situations de violence et y apporter une réponse adaptée.
Les clubs peuvent s’informer sur les programmes de formation existants, vérifier s’ils sont régulièrement actualisés et demander comment leur efficacité est évaluée. Lorsque des lacunes sont constatées, ils peuvent faire du lobbying pour obtenir les améliorations nécessaires.
Le lobbying en action : des initiatives locales aux changements nationaux
La sensibilisation constitue une première étape essentielle, mais un lobbying efficace va plus loin. Il consiste à identifier un problème précis, à interpeller les acteurs en mesure de faire évoluer la situation et à assurer le suivi des résultats obtenus.
Certaines Unions Soroptimist ont déjà préparé une pétition concernant l’article 31 de la Convention d’Istanbul, qui traite des droits de garde, des droits de visite et de la sécurité des femmes et des enfants victimes de violences. Cette pétition est destinée à être soumise par les voies nationales appropriées.
Cet exemple illustre la manière dont Soroptimist peut traduire les dispositions de la Convention en initiatives concrètes de lobbying.
Nos Coordinatrices de la Convention d’Istanbul : une ressource précieuse
Chaque Union compte au moins une personne référente pour la promotion de la Convention d’Istanbul, qui travaille activement sur cette thématique.
Ces personnes peuvent fournir aux clubs des informations complémentaires sur la Convention, des conseils pratiques et des pistes d’action supplémentaires en matière de prévention. Elles peuvent également les renseigner sur la pétition relative à l’article 31 et sur les activités de lobbying qui s’y rapportent.
Les clubs sont encouragés à s’appuyer sur cette expertise pour préparer leurs propres initiatives.
La prévention : une responsabilité qui s’inscrit dans la durée
Les 16 jours d’activisme constituent une occasion importante de donner davantage de visibilité à cette cause. Mais la prévention ne peut se limiter à 16 jours. Tout au long de l’année, les clubs peuvent poursuivre le dialogue avec les autorités locales et assurer le suivi des engagements pris.
Les Soroptimist se consacrent à la prévention, tout au long de l’année.
Grâce à « READ THE SIGNS », les clubs et les Unions peuvent remettre en question les attitudes préjudiciables, faire du lobbying en faveur de mesures de prévention efficaces et contribuer à réduire l’écart entre les engagements inscrits dans la Convention d’Istanbul et la réalité quotidienne.
« READ THE SIGNS ». Déconstruire les stéréotypes. Exiger des mesures de prévention.

