Et cette voix est aujourd’hui plus nécessaire que jamais.
Des droits que nous pensions acquis sont de nouveau remis en question. Récemment, le Parlement européen a alerté sur les attaques contre les droits des femmes et sur un recul plus général de la démocratie. De l’autre côté de l’Atlantique, nous voyons à quelle vitesse un changement d’orientation politique peut influer sur les politiques publiques, les institutions et jusqu’aux mots employés pour parler d’égalité.
Cette situation doit toutes nous interpeller : Dans quelle mesure les droits conquis par des générations de femmes sont-ils réellement garantis ? Et quelle est notre responsabilité lorsqu’ils sont menacés ?
Soroptimist est un acteur de la société civile. Nous disposons d’une expertise professionnelle, de réseaux internationaux et d’un accès aux institutions et aux responsables politiques. Ces atouts nous confèrent une responsabilité, tout particulièrement dans le contexte actuel.
Mais par où commencer ?
Commençons par comprendre les enjeux.
Avant de décider comment agir, nous devons savoir ce qui se passe réellement. Les recherches et les données fiables peuvent mettre en lumière des inégalités. Les conventions internationales et les rapports de suivi permettent de cerner les droits reconnus et les lacunes dans leur mise en œuvre. Les auditions, les consultations, les organisations spécialisées et le vécu des femmes elles-mêmes apportent des éclairages complémentaires. Au sein du Soroptimist, nous disposons également d’une extraordinaire richesse de compétences professionnelles.
Croiser ces éléments nous permet de poser les bonnes questions : Où se situe le véritable problème ? Qui est concerné ? Quels mécanismes lui permettent de perdurer ? Qui a le pouvoir de faire évoluer la situation ?
C’est seulement alors que nous pouvons déterminer la réponse à apporter.
Il peut s’agir d’un projet offrant un soutien concret. Il peut aussi s’agir d’une démarche de lobbying : dialoguer avec les décideurs, contribuer à une consultation, proposer une évolution des politiques publiques, former une coalition ou demander que les engagements pris soient respectés. Parfois, plusieurs formes d’action seront nécessaires.
C’est la nature du problème qui doit déterminer l’action.
Cette approche nous invite également à porter un regard plus large sur le travail remarquable déjà accompli au sein de nos clubs. Les projets ont un impact concret sur la vie des femmes. Ils sont aussi une source précieuse de connaissances. Lorsqu’un projet met en lumière un obstacle récurrent ou un décalage entre les droits reconnus dans les textes et la réalité, pourquoi s’arrêter là ? L’expérience acquise peut devenir le point de départ d’un changement de plus grande ampleur.
C’est précisément la leçon que nous pouvons tirer des parcours de Florence Nightingale et d’Eleanor Roosevelt : le savoir prend toute sa force lorsqu’il est mis au service du changement.
Nightingale nous rappelle notre responsabilité d’agir auprès des personnes qui ont besoin de soutien. Roosevelt, elle-même Soroptimist, nous rappelle celle de contribuer à façonner les conditions dans lesquelles elles vivent. En tant que présidente de la Commission des droits de l’homme des Nations unies et de son comité de rédaction, elle a joué un rôle central dans l’élaboration de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Notre société a besoin de ces deux formes d’engagement. Ce sont les besoins de chaque situation qui doivent guider notre action.
Les droits des femmes n’ont pas progressé parce que les générations précédentes ont attendu que les choses changent. Des femmes ont porté leurs idées dans le débat public, remis en question les idées reçues, exigé des lois plus justes et insisté pour qu’elles soient appliquées.
Notre responsabilité est de nous appuyer sur les résultats que nous obtenons déjà pour aller plus loin, exercer notre esprit critique et reconnaître là où nos connaissances et notre expérience peuvent et doivent contribuer à un changement systémique au bénéfice de toutes les femmes et de toutes les filles.
C’est tout le sens de « Be THE Voice for Women’s Rights » : une invitation adressée à chaque Soroptimist à devenir actrice du changement. Car chaque fois que les droits des femmes sont en jeu, notre voix collective doit être entendue et être impossible à ignorer.
Sabine Reimann, Présidente du SIE 2026-2027

