Pourtant, les conventions internationales peuvent parfois sembler éloignées des actions du quotidien. En Norvège, les Soroptimist ont décidé de faire le lien entre ces deux dimensions en faisant de la Convention un outil concret de sensibilisation, de prévention et de lobbying.
À travers leur projet 2025, Et maintenant, la Norvège ? La Convention d’Istanbul en action, les Soroptimist de Norvège se sont donné pour objectif de renforcer la connaissance de la Convention au sein de l’Union, d’encourager les Clubs à s’engager autour de ses quatre piliers (prévention, protection, poursuites judiciaires et politiques coordonnées) et de faire connaître ses principes à un public plus large.
La prévention commence par la sensibilisation et la compréhension. Tout au long de l’année, des informations sur la Convention d’Istanbul ont été régulièrement diffusées dans le magazine numérique de l’Union et sur les réseaux sociaux, permettant aux membres de mieux comprendre sa portée et les moyens d’agir à l’échelle locale. Un webinaire ouvert au public a également permis d’élargir les échanges et d’apporter des éclairages complémentaires sur la prévention des violences faites aux femmes.
L’initiative ne s’est toutefois pas limitée à la sensibilisation. En nouant des liens avec des chercheurs, des spécialistes et l’unité de prévention de la criminalité du ministère norvégien de la Justice, les Soroptimist ont créé de nouvelles occasions de dialogue et de lobbying autour de la mise en œuvre de la Convention en Norvège. Des échanges avec des experts de son mécanisme de suivi ont également ouvert la voie à une mobilisation plus poussée autour des progrès réalisés par le pays et de ses prochaines évaluations.
Le projet a touché environ 1 500 personnes, parmi lesquelles des Soroptimist de toute la Norvège, ainsi qu’un public plus large grâce aux réseaux sociaux. Mais l’un de ses résultats les plus encourageants réside sans doute dans la dynamique qu’il a suscitée. Le Club Soroptimist de Tromsø a déjà décidé de prolonger cette initiative en prévoyant sa propre réunion publique consacrée à la Convention d’Istanbul. Une belle illustration de la manière dont une mobilisation nationale peut inspirer des actions au sein des communautés locales.
L’expérience norvégienne montre concrètement comment la prévention peut prendre forme : renforcer les connaissances, ouvrir le dialogue, nouer des partenariats et faire du lobbying un levier de changement.

Alors que les 16 jours d’activisme contre les violences fondées sur le genre nous appellent une nouvelle fois à agir, ce projet nous rappelle que la Convention d’Istanbul est bien plus qu’un cadre politique. C’est un outil dont les Soroptimist peuvent se saisir pour informer, mobiliser et contribuer à bâtir des communautés où les violences faites aux femmes sont reconnues, dénoncées et prévenues.
Bintou Koïta, Senior Programme Officer (SEP)
