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Rencontrez Melek Berkem, Responsable de la Commission des Bourses d’études, du Mentorat et de l’Académie du Leadership du SIE

Rencontrez Melek Berkem, Responsable de la Commission des Bourses d’études, du Mentorat et de l’Académie du Leadership du SIE

"L'égalité ne repose pas uniquement sur la bonne volonté ; elle se maintient grâce à des institutions solides, à un leadership fondé sur des principes et à la responsabilité collective."

Quelle votre motivation à siéger au Bureau du SIE 2026-2027 ?

Ma motivation pour siéger au Bureau du SIE pour l’année 2026/2027 découle d’un engagement profond en faveur du renforcement de la continuité du leadership au sein de notre Fédération.

Tout au long de mon parcours au sein du Soroptimist, aux niveaux local, national et européen, j’ai constaté qu’un impact durable ne repose pas uniquement sur le dévouement. Il nécessite une vision stratégique claire, une cohérence institutionnelle et une gouvernance responsable. Les initiatives peuvent naître d’une vision, mais elles ne perdurent que si elles s’appuient sur des systèmes solides.

En tant que Présidente de la Commission des Bourses d’études, du Mentorat et de l’Académie du Leadership, je travaille directement à la formation des futures dirigeantes et au renforcement des filières de succession. Ce rôle a renforcé ma conviction que le développement du leadership doit être intentionnel et ancré dans notre cadre institutionnel, et non traité comme une initiative ponctuelle.

Siéger au Bureau du SIE est l’occasion de contribuer au niveau stratégique, là où se croisent la vision, la gouvernance et le développement du leadership. Mon objectif est de soutenir une fédération tournée vers l’avenir, structurellement solide et dotée des moyens nécessaires pour autonomiser les femmes et les filles, non seulement aujourd’hui, mais aussi pour les générations à venir.

Quelle est votre vision pour un monde meilleur ?

Ma vision d’un monde meilleur est celle d’un monde où les femmes et les filles ne sont pas seulement protégées contre les inégalités, mais où elles sont aussi les architectes actives des systèmes qui façonnent la société.

Un monde meilleur est un monde où l’accès à l’éducation mène à l’indépendance économique, où le leadership est accessible et représentatif, et où les institutions sont suffisamment solides pour garantir le progrès à travers les générations. À mon sens, l’égalité ne repose pas sur des déclarations, mais sur des structures qui garantissent l’équité, l’égalité des chances et la responsabilité.

Les prochaines étapes dans cette direction exigent une action délibérée. Nous devons renforcer les filières de leadership, investir dans un mentorat structuré et veiller à ce que nos programmes de bourses et d’autonomisation s’alignent sur notre stratégie à long terme. La collaboration transfrontalière et le partage des connaissances au sein de notre Fédération seront essentiels pour renforcer nos capacités collectives.

Pour cet exercice biennal, mes objectifs sont de renforcer les cadres de développement du leadership, de soutenir la continuité stratégique à tous les niveaux de gouvernance et d’améliorer l’impact mesurable de nos programmes. Je m’engage tout particulièrement à veiller à ce que les futures dirigeantes soient préparées, soutenues et en phase avec la vision institutionnelle du SIE.

Un progrès durable exige clarté, discipline et solidarité. Mon aspiration est de contribuer à une Fédération qui dirige avec conviction et structure, en autonomisant les femmes et les filles non seulement pour aujourd’hui, mais aussi pour l’avenir qu’elles définiront.

Que faites-vous pour rester motivée ?

Je garde ma motivation en m’ancrant dans un sens profond. Il ne s’agit pas simplement de travail ; c’est un engagement commun envers une cause qui dépasse tout rôle individuel.

Ce qui donne du sens à ce parcours, c’est la force et l’intégrité de ceux qui marchent à nos côtés. La solidarité, la responsabilité partagée et la détermination collective à faire progresser l’égalité transforment les défis en moments de croissance. Lorsque la mission est partagée, la résilience s’en trouve renforcée.

Les défis sont inévitables dans le leadership institutionnel. Je les aborde avec sang-froid et recul. Plutôt que de réagir, je cherche à harmoniser les points de vue. Le dialogue, la réflexion et la collaboration fondée sur des principes sont essentiels pour aller de l’avant avec clarté.

Les déceptions font partie de toute mission à long terme. Je les considère comme des rappels que le progrès durable exige de la patience et de la persévérance. Notre force collective se forge non seulement par nos réalisations, mais aussi par la manière dont nous répondons aux défis.

En fin de compte, c’est la conviction commune de notre communauté qui alimente notre motivation. Lorsque le leadership est guidé par des valeurs et la solidarité, même le chemin le plus exigeant prend tout son sens.

Académie du Leadership Soroptimist, Grèce, 2024
Académie du Leadership Soroptimist, Bulgarie, 2025

Que fait votre pays pour soutenir et autonomiser les femmes ?

Ces dernières années, une attention accrue a été accordée à la participation économique des femmes. Les programmes d’emploi et de formation se sont développés, et des milliers de femmes ont pu bénéficier de services de placement et d’un accompagnement à la création d’entreprise. Les femmes entrepreneurs et les coopératives bénéficient d’un soutien financier accru, notamment en matière de numérisation et d’accès aux marchés. Des partenariats internationaux ont également apporté des financements et des services de conseil aux petites et moyennes entreprises dirigées par des femmes.

Ces évolutions sont importantes. Elles créent des points d’accès et des opportunités qui n’existaient pas auparavant à cette échelle. Pourtant, les indicateurs structurels généraux restent très préoccupants.

Le taux d’activité des femmes se situe toujours entre 35 et 36 %, contre plus de 70 % chez les hommes, ce qui est bien inférieur aux moyennes européennes. Même parmi les personnes ayant un emploi, les femmes n’occupent qu’environ 17 % des postes de direction dans les entreprises. Les inégalités salariales et les obstacles à la promotion persistent. Les disparités régionales sont marquées, avec des taux d’activité nettement plus faibles dans certaines régions du pays.

La représentation politique est limitée. Les femmes représentent environ un cinquième du parlement national. Dans les indices mondiaux d’égalité entre les sexes, la Turquie se classe en bas du tableau par rapport à de nombreux autres pays.

L’accès à l’éducation s’est amélioré au fil du temps, en particulier aux niveaux primaire et secondaire. Cependant, l’accès à l’enseignement supérieur, à un emploi stable et aux postes de direction reste inégal. Une part importante de jeunes femmes ne suit ni études, ni formation, ni n’occupe d’emploi, ce qui reflète les contraintes sociales et économiques persistantes.

La question de la sécurité reste cruciale. La violence sexiste est très répandue. Plus d’un million de femmes ont signalé des actes de violence au cours de la dernière décennie, et le féminicide reste une réalité douloureuse et visible. Les femmes assument également une part disproportionnée des tâches domestiques non rémunérées, consacrant nettement plus de temps aux responsabilités domestiques que les hommes.

Les normes traditionnelles et patriarcales continuent de façonner les attentes relatives aux rôles de genre, influençant la mobilité des femmes, leurs choix de carrière et leur participation à la vie publique.

Dans ce contexte, les organisations de femmes et la société civile jouent un rôle crucial. Les progrès réalisés en Turquie ne sont ni linéaires ni garantis. Ils font l’objet de contestations, de négociations et sont constamment façonnés tant par les efforts institutionnels que par le lobbying mené sur le terrain.

L’autonomisation des femmes dans mon pays n’est donc pas une réussite accomplie, mais un combat permanent en faveur d’une transformation structurelle. C’est précisément cette complexité qui rend indispensables la solidarité, le leadership et un engagement durable.

Istanbul

Parlez-nous de votre club Soroptimist ! De quels projets êtes-vous le plus fières ?

Le Club Soroptimist d’Etiler est une association professionnelle, axée sur l’impact et dotée d’une structure stratégique, qui œuvre en faveur de l’autonomisation des femmes depuis 1988. Ce qui distingue notre approche, c’est notre engagement à concevoir des projets qui vont au-delà d’un simple soutien à court terme pour créer un impact durable, mesurable et à plusieurs niveaux. Notre action repose sur trois piliers interdépendants : l’autonomisation économique, l’éducation et le leadership des jeunes, ainsi que l’égalité structurelle entre les sexes dans la vie professionnelle.

  1. Notre initiative phare, SAGE Gender Equality in Work, marque un tournant décisif dans l’histoire de notre club. Sélectionné parmi 38 projets sur plus de 800 candidatures dans le cadre d’un programme de subventions de l’UE, SAGE s’est attaqué à l’inégalité entre les sexes dans la vie professionnelle à un niveau structurel. Plutôt que de se concentrer uniquement sur la sensibilisation, il a été conçu comme un modèle d’intervention global. Il a dispensé des formations sur l’égalité des sexes dans les universités, mis en place un programme d’ambassadeurs ChangEquality pour assurer une durabilité à long terme, et mis en œuvre un programme de mentorat structuré reliant des femmes professionnelles à des étudiantes universitaires. Une conférence internationale a réuni des experts nationaux et internationaux pour discuter des politiques, de la représentation et de la participation économique. En mettant l’accent sur la participation égale à l’emploi, l’égalité salariale, l’égalité des chances de promotion et la représentation dans les mécanismes de prise de décision, SAGE a positionné notre club non seulement comme un acteur de la mise en œuvre de projets, mais aussi comme un leader d’opinion dans la défense de l’égalité des sexes. Il a renforcé notre visibilité nationale et internationale et démontré que les Soroptimist peuvent s’engager dans un dialogue structuré et pertinent sur le plan politique. SAGE reflète ce que nous sommes en tant que club : stratégique, collaboratif, mesurable et tourné vers l’avenir.
  2. Une autre initiative significative à long terme est « Weaving Lives », mise en œuvre dans une région défavorisée de Turquie. Ce projet propose une formation professionnelle au tissage de tapis tout en créant des opportunités de revenus durables. Près de 500 femmes ont été formées et plus de 200 ont acquis leur indépendance économique. Récompensée par le prix des Meilleures Pratiques du SIE, cette initiative continue de générer des revenus grâce à des partenariats nationaux et internationaux. Son impact est multiple : elle préserve le patrimoine culturel, crée des moyens de subsistance durables, favorise l’inclusion sociale et renforce la confiance en soi et la participation publique des femmes. Elle démontre que l’indépendance économique transforme non seulement les femmes individuellement, mais aussi des communautés entières.
  3. KIMIM, notre centre de formation professionnelle et d’aide à l’emploi destiné aux femmes, a été créé pour pallier un déficit structurel auquel sont confrontées les femmes qui souhaitent travailler mais ne possèdent pas de qualifications professionnelles. En cinq ans, plus de 3 500 femmes ont été touchées par notre action et près de 200 en ont directement bénéficié. Beaucoup ont suivi une formation professionnelle certifiée et ont trouvé un emploi ou se sont lancées dans une activité productive génératrice de revenus. KIMIM combine formation professionnelle, sensibilisation aux questions de genre, placement professionnel et ateliers de production orientés vers le marché. Des milliers de produits artisanaux ont été fabriqués, certains commandés par des entreprises partenaires et vendus à l’international. La force de KIMIM réside dans le lien qu’il établit entre l’autonomisation et l’accès réel à l’économie, offrant des opportunités concrètes plutôt qu’un soutien théorique.
  4. Notre programme de bourses complète ces efforts en soutenant les jeunes femmes dans leurs études tout en leur proposant du mentorat, du coaching et des formations au leadership. Nous pensons que le développement du leadership doit commencer tôt et être intentionnel.

Ce qui définit avant tout le Club Soroptimist d’Etiler, c’est notre approche intégrée et systémique. Nous ne considérons pas l’autonomisation comme une série d’actions de soutien isolées. Nous concevons des modèles structurés qui relient la sensibilisation au mentorat, l’éducation à l’accès économique, l’impact local au dialogue international, et la passion à la gestion professionnelle de projets. SAGE incarne notre vision stratégique, KIMIM et Weaving Lives reflètent notre engagement économique, et notre programme de bourses incarne notre investissement dans les futurs leaders. Ensemble, ils forment un écosystème d’autonomisation, et cet écosystème définit qui nous sommes.

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